Article Sud-Ouest du 19 mars 2019, Même pas honte

 

 

 

 

 

 

Ce n’est pas un scoop, le cancer est un commerce. Secteur public ou participant au secteur public et secteur privé se livrent une guerre à peine voilée et particulièrement sur le terrain de la communication. Depuis des années, l’Institut Bergonié se fait dépouiller l’activité sénologie par exemple qui est maintenant largement captée à Bordeaux par la clinique Tivoli-Ducos ou encore le groupe Bordeaux nord.

Alors pour attirer de nouveau le patient, la presse locale est un super moyen et gratuit pour faire sa promo à l’insu ou avec l’accord tacite du journaliste.

Sauf, que lu, par le (la) salarié(e) de l’Institut, cet article confine au grotesque. Même la photo de notre golden boys au regard acéré accompagné de son candide au sourire béat relève de la caricature promotionnelle.  Ce duo s’attribue le monopole de l’insomnie alors même que les salarié(e)s subissant ces restructurations irréfléchies ont été les premières victimes des troubles du sommeil et des arrêts maladies croissants en 2018 . Les procédures de danger graves et imminents successifs ont été déclenchés par les délégués du personnels (SUD et FO) et le CHSCT et les résultats d’enquête interne ou du cabinet extérieur mandaté (INDIGO ERGONOMIE) sont sans appel : souffrance, peur au ventre, traitement anxiolytique, gestion de projet déficient, capacité inadapté, souhait des médecins de quitter l’établissement, etc…

L’affirmation que les patients « n’y ont vu que du feu » est objectivement intenable. Il faut en effet pour eux déjà franchir l’obstacle de la recherche du bon interlocuteur au téléphone suite à la réorganisation catastrophique des secrétariats médicaux. Ensuite le manque de place d’hospitalisation voit une dégradation de la prise en charge visible par l’attente des patients sur brancard dans les couloirs dans l’attente de chambre (On a même vu des patients atteints dans leur intimité par cette précarité – besoins biologiques effectués dans le couloir). Cette précarité et ces rythmes de travail augmentent à l’évidence le risque d’erreur médicale.

On cherche vainement l’augmentation d’activité en radiothérapie alors que les médecins fuient ce service. L’économie substantielle mais passée sous silence par la direction porte aussi très probablement sur les médicaments en ce que les médecins ont été contraints à éviter les traitements coûteux et innovants non remboursables (hors AMM) alors même que l’Institut Bergonié a pour mission la recherche.

Ce que ne dit pas la direction à la « Journaliste » de Sud-ouest c’est que l’effort (et le terme est faible) demandé durant cette année 2018 aux salarie(é)s va perdurer sur 2019 et les années futures pour maintenir l’activité soutenue avec des effectifs restreints.

Donc les insomnies liées au stress au travail et des rythmes insoutenables vont perdurer pour les salarié(e)s alors que nos managers auront pour leur part, valoriser leur carrière.

Enfin, autre manipulation, la prime distribuée de pouvoir d’achat outre son montant ridicule, il est oublié de préciser qu’elle a été attribuée dans le cadre de la prime Macron comme l’on fait la majorité des entreprises en France. Pour rappel la moyenne de cette prime est de 500 euros pour les autres établissements et entreprises dont le statuts est comparable au notre versus 100/150 euros pour l’institut Bergonié.

Au regard de cette réalité vécue par les patients et les salarié(e)s, L’intersyndicale (SUD/ FO) demande un droit de réponse au journal Sud-ouest afin que le travail journalistique effectué soit conforme à l’éthique qu’exige la profession.

Le droit de réponse (Sud-Ouest du 4 avril 2019) :