Organisation du travail en 2 X 12h et les risques sur la santé et la sécurité des travailleurs

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[learn_more caption=”Travail en 12 heures : Les médecins du travail hospitalier sont inquiets !”] Fo le 8/12/2014 Le 3 novembre, le groupe sur le travail en 12 heures s’est réuni au ministère pour la 2ème fois. Au cours de cette séance un représentant de l’Association Nationale des Médecins du Travail Hospitaliers (ANMTEPH) a présenté le résultat d’une enquête menée dans 37 établissements et représentant près de 110 000 agents hospitaliers. Après avoir présenté les effets sur la santé (voir sous l’article), le résultat de leur enquête ils exposent un certain nombre de propositions qui méritent d’être rapportées ici car elles rejoignent, en les complétant, celles proposées par l’Institut National de Recherche et de Sécurité, l’INRS. D’abord, des CONSTATS : Les médecins du travail constatent qu’aucun service ne semble à l’heure actuelle échapper aux 12H. Ils sont inquiets, devant la poussée des horaires en 12H alternants jours et nuits, les plus défavorables pour la santé ; devant l’accélération de la mise en place des 12 heures ; quand le % d’effectif en 12H commence à dépasser 30 % (marges de manœuvre réduites) . Les recommandations des médecins du travail : Sur l’organisation générale du travail Ils recommandent de ne pas mettre en œuvre les 12 heures dans les services à activité régulière et intense, dans les services accueillant des patients déments ou dans les services à faibles effectifs. Ils déconseillent aussi les horaires en 12 heures par roulement jour/nuit et que le volontariat strict pour les horaires de nuit est la meilleure réponse. Sur les plannings, Ils invitent les établissements à rechercher les plannings les plus satisfaisants pour les personnels par tests et par évaluation ensuite. Mais le respect absolu de ces derniers restent une priorité avec un maximum de 2 jours de travail consécutifs suivi de 2 repos minimum. Enfin, ils estiment que les services concernés ne doivent pas proposer que les 12 heures. Sur les pauses, Le débat doit avoir lieu sur des pauses réelles et organisées dans des lieux confortables, adaptés permettant d’organiser de courtes siestes. Ils estiment aussi que la distribution de repas (payant) devrait être organisée. Sur l’organisation des temps d’échange Pour les médecins du travail hospitaliers le maintien des relèves est indispensable pour le sens du travail en commun et la cohésion de l’équipe. Elles doivent de faire sur le temps de travail. Les 12 heures imposent l’organisation régulière de réunions de service pour échanger sur les pratiques et retours d’expériences. Pour garder un lien fort avec l’institution ils recommandent des temps d’information sur les projets de l’établissement et ses évolutions. Sur le maintien au travail des personnels fragilisés, ils recommandent de ne pas affecter ou retirer un agent d’un poste en 12 heures sans avis du médecin du travail. Enfin, sur l’évaluation et le suivi, ils estiment indispensable d’évaluer et de suivre l’absentéisme maladie, en particulier le très court absentéisme et les CLM / CLD. . Conclusion : Pour les médecins du travail, l’organisation du travail en 12 heures est une affaire de compromis et doit prendre en compte la santé des personnels. Commentaires FO : Après la lecture de cette présentation, effectivement la question de la santé des personnels devient incontournable. La motivation des économies ne doit pas mettre en péril la santé des personnels ce qui, à la lecture de cette étude, est loin d’être démontré. Quasiment aucun établissement ne respecte les préconisations des médecins du travail et donc, dans leur forme actuelle, l’organisation du travail en 12 heures s’avère dangereuse ! Rappelons que le directeur de l’établissement a une obligation de résultat pour éviter tout risque sur la santé des personnels. Mais le droit a t-il encore sa place à l’hôpital ? Le ministère semble peu pressé de le faire respecter. . ANNEXE: Effets sur la santé Perturbation des rythmes biologiques Augmentation du temps de réaction Variabilité individuelle des conséquences médicales des perturbations des rythmes biologiques Effets probables Cancérogène probable (seins pratiquement certain, colon ?, prostate ?) 3 hypothèses : La suppression du pic nocturne de mélatonine due à l’exposition à la lumière La perturbation du contrôle de la prolifération cellulaire due aux perturbations de la chronobiologie L’immunodépression liée à la perturbation du sommeil Facteur aggravant pour le cancer du sein si la durée de travail dépasse 4 ans et si ce travail se réalise avant la 1ère grossesse. Effets constatés sur la santé : Fatigue Troubles du sommeil (quantité, qualité) Troubles de l’humeur, anxiété, facteur favorisant la dépression Troubles digestifs (prise de poids, ulcères) Pathologies cardio-vasculaires (HTA liée aux troubles métaboliques et tabagisme) Troubles métaboliques (Cholestérol, triglycérides liés à un régime alimentaire perturbé) [/learn_more]

[learn_more caption=”L’inquiétante expansion du travail en 12 heures à l’hôpital”] 27/04/2015 Après enquête, l’Association nationale de médecine du travail et d’ergonomie du personnel des hôpitaux (ANMTEPH) livre des recommandations en faveur d’un compromis social autour de l’organisation du temps de travail dans la fonction publique hospitalière. Aucun service ne semble désormais échapper aux 12 h : tel est le constat de l’enquête de l’ANMTEPH réalisée auprès de 37 établissements publics de santé représentant près de 110 000 agents hospitaliers. S’ils sont 14 % en moyenne à travailler en 12 h, ce chiffre peut grimper à 56 % selon les établissements. La poussée de ces horaires jour et nuit, les plus défavorables pour la santé, inquiète les médecins du travail. D’autant que leur cadre réglementaire, rappelé dans une instruction de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) du 7 janvier 2015, est peu respecté, sauf la limitation à trois jours consécutifs de travail en 12 h. Parmi les règles couramment bafouées, citons les temps de transmission, d’habillage et de déshabillage, de pause et de restauration ; des temps rarement inclus dans les 12 h. De même, le comité technique d’établissement et le CHSCT devraient être saisis pour avis préalablement à leur mise en place. Forte demande Parmi les arguments avancés par les établissements pour justifier le recours aux 12 h, pourtant censés rester dérogatoire, la demande des personnels arrive en tête, suivis d’arguments relatifs aux effectifs (économies, gestion et recrutement facilités), à la gestion des plannings et à l’optimisation de l’organisation des soins. Interrogés sur les avantages d’une telles organisation, les personnels citent l’augmentation du nombre de jours de repos, la réduction des déplacements, une vie socio-familiale plus satisfaisante, une meilleure répartition du travail et une meilleure adaptation à l’organisation médicale. Au titre des inconvénients, ils listent, entre autres, fatigue, troubles du sommeil et veineux, irritabilité, baisse de vigilance ou encore l’absence de dîner en famille en cas d’horaires de nuit. Horaires de nuit sur la base du volontariat Personnels ou cadres, tous sont pourtant conscients des effets négatifs à court terme de cette organisation sur leur santé. Alors, afin d’établir un compromis entre organisation du travail et vie privée, l’ANMTEPH a formulé une série de recommandations : – ne pas mettre en place les 12 h dans les services à activité régulière et intense ou à affectifs réduits, ni dans ceux accueillant des patients déments ; – ne pas prévoir d’horaire en 12 h en roulement jour et nuit ; – garantir le strict volontariat pour les horaires de nuit, y compris pour les nouveaux embauchés ; – limiter le travail en 12 h à deux jours de suite maximum ; – garantir aux personnels travaillant en 12h un minimum de deux jours de repos suivis ; – organiser de réelles pauses dans un lieu confortable ; – fournir gratuitement des chaussettes de contention ; – évaluer l’absentéisme maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles et événements indésirables graves impliquant les personnels travaillant en 12h ; – organiser leur suivi médical standardisé. Par ailleurs, un groupe de travail dédié à l’analyse du travail en 12 h ­­­­­– mis en place en avril 2014 par la DGOS à la demande de la commission hygiène, sécurité et conditions de travail du Conseil supérieur de la FPH – doit faire connaître le fruit de ses travaux d’ici fin juin. Cécile Almendros [/learn_more]

[learn_more caption=”Hospitalier : les 12 heures s’installent avec leurs maux”] Publié en mai 2015 Les 12 heures s’installent, les maux du 12 heures ont de l’avenir L’Association nationale de médecine du travail et d’ergonomie du personnel des hôpitaux (ANMTEHP) fait le constat d’une montée en puissance de l’organisation en 12 heures dans les établissements publics de santé et médico-sociaux, tous secteurs confondus (jusqu’en psychiatrie et en EHPAD). Les dispositions règlementaires qui encadrent le 12 heures sont foulées au pied dans un contexte où ces horaires qui devaient être exceptionnels représentent dans la grande majorité des établissements étudiés par l’ANMTEHP 30 % des effectifs (avec des poussées à 60%). Les TMS, les troubles veineux, les troubles du sommeil sont étayés par les médecins du travail qui attendent fermement d’être relayés par des épidémiologistes. Un suivi standardisé des agents en 12 heures apparaît plus que nécessaire au vu des signaux d’alerte. Pour l’heure, le 12 heures est implanté et il ne reste aux médecins qu’à prêcher d’en faire le moins mauvais usage possible, en bannissant les roulements jour-nuit ou en interdisant le 3ème jour de travail consécutif et l’auto-remplacement. L’alerte lancée récemment par les médecins du travail de l’ANMTEHP fait écho aux mises en garde réalisées dès l’année 2008 par notre cabinet d’expertise sur les risques pour la santé liées à l’organisation horaire en 12 heures. Le feuilleton de l’organisation horaire du travail à l’hôpital Le feuilleton de l’organisation horaire à l’hôpital a de beaux épisodes devant lui. A l’AP-HP, un chantier de remise à plat des 35 heures est annoncé et les protocoles d’accord sont invités à passer à la révision. D’autres établissements publics dénoncent leurs accords locaux dans l’espoir de redresser leurs comptes à coup de réduction de RTT et de recherche de gains d’ETP. La valse des organisations autour des 35 heures donne le tournis, tant l’organisation horaire apparaît comme un levier d’économie dans des établissements pressés d’aller chercher les économies avec les dents ! D’un côté des salariés passent en 12 heures, de l’autre, des salariés faisant 40h par semaine sont invités à faire 37h30 (moins 13 RC). La quête effrénée d’économies expérimente différents scenarii. La question de la santé au travail semble bien secondaire dans un contexte où les préoccupations gestionnaires occupent le devant de la scène. [/learn_more]